Starbaits : Retour à l'accueil

 

IT BEGAN IN AFRIKA...

Actualité rédigée le 4 May 2013 par Patrick ZAVAN.

 

 

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A l’écoute de la douce et électronique balade des Chemical Brothers « It began in Afrika », je me reprojette, les yeux fermés et épris d’une certaine nostalgie, dans ma dernière évasion piscicole… Bien plus qu’un simple voyage de pêche, il s’agit plutôt d’une expérience humaine, d’une ouverture d’esprit ou bien encore d’une évidente révélation !

Car oui messieurs dames, à l’heure où je vous écris ces quelques lignes, je vous confesse, sans aucune honte, ma récente et nouvelle infidélité à notre pêche fétiche qu’est celle de la carpe.  J’ai même poussé le vice à poser 2 semaines de vacances pleines pour me consacrer  à cette pêche parallèle. La destination était sans appel, l’Afrique sera notre terre d’accueil et plus particulièrement le Gabon.

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Chacun sa route, chacun son chemin…

Vous l’aurez compris, cette parenthèse piscicole n’est autre que la pêche exotique ! A ces quelques mots, certains fermeront aussitôt ce papier considérant que cela n’a rien à faire sur un site dédié à la carpe. Pour les autres, je vais tenter (et j’ai bien dit tenter) de vous faire voyager un instant…

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Tout est parti d’un très bon ami, presque un ami d’enfance, nommé Julien. Ce dernier, après 6 années passées au Gabon, ne cessait de nous conter ces sorties de pêche. Outre le dépaysement total, c’est avant tout la soi disant rudesse des combats avec ces poissons dont même le nom ne m’évoquait rien, qui me faisait saliver… Et c’est donc logiquement, après avoir repoussé maintes et maintes fois, que je pris mon envol pour le Gabon.

 

Hakuna matata

Je vous passerai l’annulation du vol interne, la ½ journée de retard qui en découle, le déchargement / chargement  de l’avion, aux voitures puis aux bateaux. A cela s’enchaine les 4 heures de bateau théorique, l’heure et demie de 4*4 (le VRAI !) et la dernière demie heure de bateau pour accéder à notre destination finale. Nous arriverons de nuit et sous la pluie au camp de pêche.

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« Y’en a, mais ça manque… »

Durant la première partie de notre croisade, nous séjournions dans un camp de pêche situé sur une lagune. Ces grosses arrivées d’eau douce, se jetant dans la mer et soumises aux marées, ont leurs propres règles du jeu. Entre l’influence des coefficients  et la fameuse «étale », je dois avouer que j’ai eu un peu de mal à prendre mes repères. Si on ajoute à cela une technique très limitée à la pêche aux carnassiers en France, et vous obtenez un carpiste pur et dur perdu aux pays des carpes rouges, le comble ! LOL

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Cependant, les touches étaient rares pour l’ensemble de la tribu. Malgré ça, j’arrivais à faire connaissance avec des carpes rouges, en surf principalement. Les poissons n’étant pas vraiment dans cette lagune, nous réduisions notre séjour en camp à 5 jours pour partir vers de nouveaux horizons… Heureusement pour nous que les animaux sauvages étaient moins discrets que les poissons. Nous avons ainsi pu charger nos cartes mémoire d’éléphants, d’hippopotames, de zébus, de potamochères, de singes, de varans… Le tout évoluant en grande liberté bien entendu !

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Ko Lantha, sans les caméras !

Nous voilà reparti pour une demie heure de bateau, puis une heure et demie de 4*4 pour reprendre le bateau pendant un peu moins de 2 heures. Après une légère hésitation quant au choix du poste, nous choisissons une pointe à l’entrée d’une nouvelle lagune juste avant la tombée de la nuit. Un coup de râteau artisanal pour nettoyer notre portion de sable des amas de branches, les tentes dépliées en 2 secondes, une table de cuisine en bambou et un support de cannes XXL de luxe furent nos premiers aménagements de la soirée. Rien ne sert de courir, il faut ferrer à point.

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Malgré un confort très sommaire, j’entends par là que nous dormions à même le tapis de sol des tentes sur le sable, le premier coup du matin fut décisif. J’ai eu l’honneur de piquer ma première carangue du séjour. Fruit du hasard ? Je ne pense pas car celle-ci fut rejoint de près par un capitaine d’environ 20 kilos. J’avais laissé le combat à ma compagne après l’avoir ferré. Par contre, suite à une mauvaise manipulation dans l’eau, nous n’aurons pas de souvenir de ce beau capitaine. Qu’importe ! L’essentiel était ailleurs. La confiance était bel et bien là. Après tout, ce ne sont que des poissons et moi un pêcheur avant même d’être carpiste.

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Car le groupe, fort de ce beau départ ne mit pas longtemps à sanctionner les bancs de carangues. A cela se rajoute pas mal de carpes rouges, quelques capitaines, des barracudas, de rares otolites. Mais il nous manquait TOUS le poisson bonus ; le tarpon. Perso, j’avais juste espoir d’en voir un sorti, sans pour autant cracher sur un éventuel fight avec un des leurs.

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Et justement, une partie du groupe avait repéré un banc de tarpons en rivière qui s’excitait tous les matins. Le rendez vous était pris avec Julien. Levé 4h, à sec, sans café dans le ventre, direction la portion de rivière repérée. Ils étaient bien là en train de marsouiner en surface ! Et après 2 ou 3 décroches, je ferrais le premier tarpon de ma vie. Quelques jumps hors de l’eau plus tard, je posais fièrement avec un  tarpon modeste et à la robe oh combien argentée… Comme je disais à Juju, « une case de plus de cochée ! » car j’avais une sorte de liste (imaginaire) dans laquelle je m’amusais à recenser toutes les espèces que j’avais sorties. Mais la journée, un certain dimanche 24 mars, ne s’arrêtait pas là, au point d’en devenir juste inoubliable…

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En effet, fort de cette capture matinale, nous voilà parti pour pêcher à la calée. Moins de 20 minutes après avoir posé, j’étais de nouveau attelé  avec quelque chose de beaucoup plus coriace cette fois. Et c’est à l’issue d’un combat sévère que je posais avec une carpe rouge autour des 30 kilos, j’étais aux anges…

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Cette journée, riche en émotion ne s’arrêtait pas là pour autant ! Car rebelote pour le coup du soir, nous repartions à la calée et au léger. Après une série impressionnante de rouges, carangues et otolithe, nous étions à cours de mulet.

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Mais Juju n’avait pas dit son dernier mot voyant les tarpons s’activer dans le secteur. C’est donc à la traine mais sur place (le courant suffisant largement à animer les leurres), que Julien piqua son propre tarpon. Par contre, là on parle d’un tarpon XXL pris à bout portant et le tout dans un courant soutenu et crescendo. Et c’est grâce à une technique sans faille et une motivation commune gonflée à bloc qu’un tarpon d’1m90 faisait la fierté de toute l’équipe. Je ne peux vous décrire la joie de l’équipage au moment de monter ce poisson dans le bateau. Un moment rare et intimiste durant lequel vous savez que vous vivez quelque chose de gros et qui vous restera graver. Et c’est bien le cas, ces images sont imprégnées dans nos têtes, elles nous appartiennent, et perso ce sera mon plus gros souvenir « piscicole » du séjour. La session était déjà magique, elle devenait alors mythique ! Ce poisson bonus venait clôturer tous nos rêves les plus fous.

 

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En revanche, les marées, étant de plus en plus fortes, réduisaient notre plage jour après jour. Après avoir repoussé au  maximum notre départ de ce lieu idyllique (en ayant déplacé les 2 tentes les plus vulnérables et en ayant creusé des tranchées et créé des digues dignes de ce nom), les forts coeff nous foutaient à la porte ! Retour la civilisation…

 

Vous ne viendrez plus chez nous par hasard…

Il nous restait alors 2 journées à passées sur Port Gentil. Le programme était simple : repos ou ballade le matin et pêche durant les après midi et les coups du soir prolongés. Après un peu de troc au zouk gabonais, nous voilà parti à plus de 2h30 des côtes (car nous avons eu la chance de tomber sur une mer calme). L’occasion de m’essayer à une nouvelle technique qu’est celle de la pêche au jigg ! Pêche très particulière et oh combien physique, celle-ci est venu enrichir mon apprentissage déjà bien garni en presque 2 semaines. Malgré 1 ou 2 touches, je n’ai rien remonté à la surface. Ca fait quand même bizarre de se faire tracter par un gros mérou (je suppose) à plus de 90 mètres de fond… Au milieu de tout ça, nous avons eu la chance de voir quelques sérioles qui ont vendu cher leur peau aux reflets rosés. Des barra, des carpes rouge de mer (à la robe beaucoup plus rouge que leurs cousines de rivières), un mérou rouge à points bleu, la vision d’une raie dans 1 mètre d’eau, et bien sur une fessée de carangues sont venus compléter ces dernières sorties. A cela s’ajoute des poissons volants curieux et peu timides et surtout la visite d’un banc de dauphin, histoire de rendre l’instant encore plus paradisiaque…

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Mais voilà, l’heure tant redoutée était arrivée. Des kilos de fatigue et pas moins de 40 kilos de bagages (à deux) viennent clôturer ce séjour. Cette fois, nous éviterons l’aéroport pour le vol aléatoire et interne Port Gentil – Libreville et préférerons le bateau… Juju nous a quitté sur le quai le cœur allégé, quant au reste du team (fifou, yann et Ben) c’est un revoir abrégé à l’aéroport qui mettra fin à notre collaboration. Ma compagne et moi-même repartons de notre côté ne voyageant pas avec la même compagnie. 6 heures de vol de nuit plus tard et plus de 30°C d’écart, l’escale de Paris nous renvoie l’inévitable à la gueule ; les vacances sont belles et bien finies, retour à la case Départ !!!

 

Oui, nous avons fait un séjour de pêche exotique tout simplement inoubliable. Mais ce n’est pas tout ! Nous avons essayé de vivre au plus près du mode de vie africain. Nous avons été accueillis sans retenue et avec une extrême générosité qui caractérise si bien ce peuple gabonais. Nous avons joui d’une faune et d’une flore riche en couleurs, bien au-delà de nos espérances. Nous avons même troqué certaines de nos prises contre de l’eau, de la glace ou de la nourriture. Nous avons aussi subi les aléas qui rythment leur quotidien : difficulté à trouver de l’essence, de la glace, lenteur de certaines démarches, eau et électricité aléatoires… Autant cela peut faire bizarre au début mais après 15 jours passés en immersion, tous ces « petits détails » vous paraissent bien secondaires. On nous balance toute une série de précautions (vaccins, moustiques, soleil, hygiène, alimentation…) à grand renfort de zone à risque mais le Gabon, et plus généralement l’Afrique, n’est qu’un continent avec son propre climat ! Bien sur, il faut s’adapter à ces conditions tout comme l’on doit s’adapter lors d’une pêche estivale ou hivernale en France. Le Gabon n’est pas une terre hostile, bien au contraire. Je comprends ces expatriés qui ont pris la décision de poser leur bagages la bas que ce soit pour quelques années ou pour la vie… N’est-ce pas Julien ?

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Et je finirai par un gros MERCI à ce fameux Julien, sans qui tout cela n’aurait pas été possible. Malgré tous les aléas auxquels il a du faire face, il n’y a pas eu un seul jour ou la bonne ambiance n’était pas au rendez vous ! En plus, j’ai coché toutes les cases… LOL. Chapeau bas l’ami et encore merci pour avoir vécu cette expérience à tes côtés !

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